Les pêcheurs de la digue de Telchac : un spectacle au fil de l’eau

Il y a des endroits où l’on pourrait rester des heures à regarder ce qui se passe autour de soi, sans forcément faire quelque chose de particulier. La digue de Telchac Puerto est de ceux-là.

Pendant notre séjour sur cette côte du Yucatán, j’ai pris le temps d’observer les pêcheurs installés le long du quai. Un spectacle simple, authentique, où chacun semble avoir sa technique, ses habitudes et peut-être aussi ses petits secrets pour réussir à ramener quelques poissons.

Chacun sa technique, chacun son matériel

Sur la digue, pas besoin d’avoir tous le même équipement pour pratiquer la pêche. Certains utilisent une canne à pêche classique, d’autres préfèrent un filet pour attraper de petits poissons blancs, qui serviront ensuite d’appâts pour tenter de prendre des poissons plus gros.

Et puis il y a ceux qui font encore plus simple : une bobine de fil, un hameçon, et voilà tout le matériel nécessaire pour passer un bon moment au bord de l’eau.

Bien entendu, les diamètres de fil et les tailles d’hameçons varient selon les prises recherchées. Chacun adapte son matériel à sa façon de pêcher et aux poissons présents dans ces eaux.

Ce qui m’amuse, c’est de voir toutes ces techniques réunies sur quelques mètres de digue. Pas de démonstration, pas de compétition, simplement des hommes qui connaissent leur environnement et qui prennent le temps de pêcher.

Des poissons, des appâts et parfois de belles surprises

Au fil des heures, les prises se succèdent. Plusieurs pêcheurs remontent des poissons d’environ 20 à 25 centimètres, qui ressemblent à des perches. Je ne connais pas leur espèce exacte, mais ils semblent suffisamment nombreux pour que la pêche reste intéressante.

Certains de ces poissons ne finiront pas forcément dans une assiette. Ils peuvent être utilisés à leur tour comme appâts pour tenter d’attirer un plus gros prédateur. La pêche devient alors une succession de tentatives : attraper de petits poissons, s’en servir pour en attirer de plus gros et attendre de voir ce que la mer voudra bien offrir.

Et parfois, la surprise est au rendez-vous !

L’un des pêcheurs réussit à prendre une raie. Une prise différente, qui attire forcément le regard et rappelle que les eaux du golfe du Mexique abritent bien d’autres espèces que les petits poissons que l’on voit remonter régulièrement.

Une tortue passe devant le quai

Mais ma plus belle observation de la journée n’est peut-être même pas venue des pêcheurs.

À quelques mètres seulement du quai, une tortue marine est passée tranquillement devant nous. Sa carapace devait mesurer environ 70 centimètres. Elle avançait sans se presser, comme si la présence des pêcheurs et des observateurs ne la concernait absolument pas.

Elle a continué son chemin, disparaissant peu à peu dans l’eau.

C’est aussi cela, le voyage : ces instants que l’on ne programme pas, ces rencontres inattendues avec la nature qui rendent un lieu mémorable. On vient observer les pêcheurs et l’on se retrouve finalement à admirer une tortue marine à quelques mètres de soi.

La tempête n’a pas encore complètement disparu

La météo, elle aussi, continue de nous rappeler que nous sommes sur une côte tropicale.

Les traces de la tempête sont encore présentes. Vers 15 heures, la mer commence à s’agiter. Le vent se lève, le ciel change et un orage arrive, accompagné d’une petite pluie qui durera environ trente minutes.

Puis, presque aussi rapidement qu’il était arrivé, le mauvais temps s’éloigne. La mer et le ciel retrouvent progressivement leur calme.

Après les épisodes de mauvais temps des derniers jours, on sent bien que la côte a encore besoin d’un peu de temps pour retrouver son aspect habituel. Les conditions changent rapidement ici, et il suffit parfois de quelques minutes pour passer d’une après-midi tranquille à une mer beaucoup plus agitée.

Dernier regard sur la plage de Telchac

Voilà, notre avant-dernier jour à Telchac Puerto touche à sa fin.

Le lendemain matin, avant de partir prendre l’avion, je jette un dernier regard à la plage. Elle a retrouvé un peu de largeur, ce qui est plutôt agréable après les jours précédents où la mer avait grignoté une bonne partie du sable.

Quelques sargasses sont encore présentes sur le rivage, mais rien de comparable à ce que l’on peut rencontrer du côté de Tulum. Ici, le phénomène reste limité, du moins au moment de notre départ.

Telchac nous aura offert des journées très différentes : la chaleur, la mer parfois agitée, les conséquences de la tempête, mais aussi ces moments simples passés à observer la vie locale.

Je retiendrai surtout ces pêcheurs sur leur digue, leurs différentes techniques, leurs prises et cette tortue venue passer tranquillement devant nous.

Pas besoin de grandes excursions ni d’activités organisées pour profiter d’un endroit. Parfois, il suffit de s’asseoir, de regarder et de prendre le temps.

Allez, bye-bye Telchac Puerto !

Une nouvelle étape nous attend, avec déjà de belles images et de bons souvenirs à raconter dans Le Mich Voyage.

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