Tulum : la fin d’un rêve bohème ?
Il y a quelques années encore, Tulum évoquait pour beaucoup d’entre nous une autre idée du Mexique : une petite ville entre jungle et mer, des plages immenses, quelques cabanes, une ambiance bohème, un peu zen, loin des grandes stations touristiques de Cancún ou de Playa del Carmen. Mais petit à petit, cette image s’efface. Les constructions se multiplient, les hôtels et résidences poussent partout, l’immobilier s’est fortement développé et Tulum est devenu une véritable destination internationale. L’ouverture de son nouvel aéroport en 2023 et le développement du Train Maya ont encore renforcé cette transformation. Le réseau ferroviaire relie désormais Tulum à Cancún, Mérida et de nombreuses destinations du sud-est mexicain, avec une fréquentation qui continue de progresser.
Tulum serait-il en train de devenir un nouveau Cancún ? La comparaison n’est évidemment pas parfaite, mais on retrouve certains ingrédients : beaucoup d’investissements, une forte pression immobilière, des infrastructures qui doivent suivre le rythme et un tourisme devenu un véritable moteur économique. Pour certains habitants, ce développement signifie emplois et opportunités ; pour d’autres, il signifie surtout hausse du coût de la vie, difficultés de logement et transformation rapide de leur environnement. Et lorsque beaucoup d’argent arrive au même endroit, les tensions peuvent aussi apparaître. Il faut cependant nuancer la question de la violence : les autorités mexicaines indiquent qu’à Tulum les homicides ont fortement diminué depuis 2024, avec notamment aucun homicide enregistré en mai et juin 2026. Cela n’efface évidemment pas les problèmes de sécurité ou le sentiment d’insécurité que peuvent ressentir certains habitants ou visiteurs, mais cela montre qu’il faut éviter de résumer Tulum à une simple « ville violente ».

Et puis il y a un autre problème, beaucoup plus naturel celui-là : les sargasses. En juillet 2026, seulement 4 plages sur les 20 surveillées à Tulum étaient classées comme propres ou avec un niveau minimal de sargasses ; en septembre, le bilan était encore plus défavorable, avec seulement 3 plages sur 20 dans cette situation. À titre de comparaison, le même suivi indiquait en septembre 15 plages sur 19 propres ou peu touchées à Cancún. Alors oui, les plages sont nettoyées, mais lorsque les arrivées sont importantes, le combat paraît parfois bien inégal. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles, cette année, nous avons commencé à regarder ailleurs. Nous avions envie de retrouver la mer, mais pas forcément de retrouver une station balnéaire sous pression permanente.
Alors, pour notre prochain voyage, nous allons changer de cap. Nous allons explorer la côte du Yucatán, entre Mérida et Cancún, à la recherche d’un Mexique peut-être un peu plus tranquille, moins soumis à la pression touristique et, selon les secteurs et les conditions du moment, moins exposé aux sargasses. Ce ne sera peut-être pas le Tulum des cartes postales… mais justement, c’est peut-être ce que nous recherchons : retrouver un peu de cette ambiance mexicaine que nous aimons, prendre notre temps, découvrir des villages, manger local, rencontrer les gens et profiter de la mer sans avoir l’impression d’être dans une gigantesque machine touristique. Tulum continuera certainement à attirer des visiteurs et des investisseurs ; la question est maintenant de savoir quel Tulum naîtra de cette transformation : un nouveau Cancún, ou une destination capable de trouver un autre équilibre entre tourisme, habitants et environnement.